Les traditions

Histoire de la gématrie, des runes et des planètes

Les correspondances présentées dans la partie « tradition » de chaque fiche ne tombent pas du ciel : elles ont une histoire, des auteurs, et des limites qu'il est honnête de rappeler.

La gématrie et l'isopséphie

La gématrie naît dans le judaïsme : chaque lettre de l'alphabet hébreu possède une valeur numérique, et l'on rapproche des mots de même valeur. Le monde grec pratique la même chose sous le nom d'isopséphie, dès l'Antiquité.

Agrippa et la gématrie latine (1533)

La table de valeurs latines que nous utilisons vient de Heinrich Cornelius Agrippa (1486-1535), dans son De occulta philosophia (publié en 1531-1533). C'est un point important : la gématrie latine n'est pas une pratique antique, mais une adaptation de la Renaissance inspirée du modèle hébraïque.

Cheiro et les planètes (1926)

L'association des nombres aux planètes suit le système popularisé par Cheiro (William John Warner, 1866-1936), chiromancien et numérologue, dans son Book of Numbers (1926). Certaines de ces associations posent problème historiquement : le lien entre un nombre et Uranus ou Neptune est nécessairement récent, ces planètes étant inconnues des auteurs antiques (Uranus n'est découverte qu'en 1781).

Runes et ogham

Le Futhark ancien (alphabet runique germanique) et l'ogham (écriture de l'Irlande du haut Moyen Âge) sont deux systèmes réels et anciens. Mais il faut savoir qu'ils n'ont jamais été employés ensemble historiquement, ni à des fins divinatoires : leur usage symbolique et leur rapprochement relèvent de l'ésotérisme contemporain (XXᵉ siècle).

Nous présentons ces traditions parce qu'elles font partie de l'onomancie telle qu'elle se pratique aujourd'hui, mais toujours en signalant ce qui est antique, ce qui est Renaissance, et ce qui est moderne.